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Lorsque Nadine, une amie militante, nous a envoyé le lien de l’émission de radio “la Grèce en souffrance” diffusée sur France Inter, on n’avait pas très envie de l’écouter A gauche pour de vrai! 53 minutes c’est long. Surtout, nous ne voulions pas entendre ce que nous savions insupportable. Comme cette cadre, dès la 2eme minute, à qui on demande de passer ouvrière pour ne pas perdre son job, tout en poursuivant son travail de cadre. Elle ne gagnera plus alors ses 1300 €, elle ne touchera plus que 740€.
Ou cette autre femme, qui, à la 6eme minute, explique cette loi que son gouvernement fait voter au nom de la flexibilité et qui supprime sa convention collective. Le SMIC passera alors de 751 € à 480 en quelques mois. “Evidemment, on ne peut pas vivre avec çà” ajoute-t-elle avec cette pudeur que quelques pigeons n’auront jamais. Elle poursuit et dit, à la 9eme minute, comment ses enfants continuent la musique parce que la solidarité s’est mise en place, parce que quelques amis de France lui envoient chaque mois 300 €. La journaliste ne comprend pas pourquoi cette somme va à la culture de ses enfants plutôt qu’à l’essentiel. Elle crie alors doucement, elle clame alors calmement comment “l’art, la culture nous permettent de nous nourrir l’âme et on comprend mieux à quel point c’est vital”.
Comme cette Française, habitante du Péloponnèse depuis plus de vingt ans, qui explique, à la 19eme minute, sobrement, pudiquement, sans colère, sans haine, comment son beau père en quête d’une transfusion de plaquettes pour combattre sa leucémie, sera perfusé dans un couloir d’un hôpital qui n’a plus les moyens d’avoir une chambre stérile. Comment cet hôpital demande alors à la famille d’acheter le matériel de perfusion car il n’en a plus. Comment il a fallu se battre pour que le dernier souffle de cet homme ne soit pas poussé dans ce couloir bondé mais dans une chambre moins surpeuplée. Et elle conclut, presque poliment “visiblement, le social n’est pas le souci premier de la politique de la Troïka”.
Elle explique alors, cette Française si sobre, si neutre, comment les enfants de sa ville n’ont pas de manuels scolaires car le papier pour imprimer les livres est trop cher pour le budget communal, comment les enfants de sa ville iront, cet hivers, dans une école non chauffée car aucun crédit n’a été prévu pour cela. Puis elle lance:” on va droit dans le mur, et le mur c’est Aube Dorée qui fait des scores incroyables”.
Mais cessons là la retranscription de ces témoignages. L’émission existe. A vous maintenant de l’écouter. Et soyez prévenus. Le principal obstacle ne sera pas la petite heure que dure l’émission. Mais bien plus ces récits de vie qui chaque jour posent cette incroyable question au coeur d’une Europe prix Nobel de la paix: COMMENT RESTER VIVANT?