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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 12:51
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 12:43

Dieudonné : Comment Youtube manipule désormais le compteur de ses vidéos

Le gouvernement français, suite aux représentations faites par l’UEJF et le CRIF, est maintenant engagé dans une bataille de la censure face à la mouvance Dieudonné/Soral, pour ne nommer que ceux-là. Sont visés jusqu’à maintenant les applications Facebook, YouTube (propriété de Google), Twitter mais possiblement aussi des FAI en France. Cependant, pour éviter une levée de boucliers et une publicité involontaire, la censure discrète semble être la méthode favorite. On peut s’imaginer les conséquences économiques pour Google si YouTube ferme le compte de Dieudonné, dont plusieurs vidéos ont obtenu de trois à quatre millions de vues et que Dieudonné "apporte" éventuellement une bonne partie de ses fans avec lui vers une autre application de partage de vidéos.

 

Lors d’un article précédent j’avais mentionné comment, à partir de la fin janvier, YouTube avait commencé, sans même qu’un ordre d’un juge quelconque ne l’y oblige, à se livrer à une guerre discrète contre l’humoriste. le principal point soulevé concernait le nombre de vues vs le nombre de ‘likes" ou de pouces verts. Un tableau concernant différentes vidéos de Dieudonné montrait que pour toutes les vidéos précédentes le nombre de "likes" donnait un ratio oscillant entre 700,000 vues a 10,000 likes et 1,100,000 vues pour 10,000 likes. Plus la vidéo était ancienne, plus le nombre de vues par like était élevé. Deux raisons peuvent être avancées:

1)  .Un visiteur qui revient visionner la vidéo avec une adresse IP différente le lendemain sera compté de nouveau mais son compte google ne lui permet pas de voter une deuxième fois.

2)  .Les partisans les plus "engagés" de Dieudonné, ceux qui votent lorsqu’ils le peuvent, sont plus susceptibles d’être dirigés vers une nouvelle vidéo les trois premiers jours après sa publication.

Or la vidéo du 31 janvier violait cette règle et affichait beaucoup moins que 500,000 vues par 10,000 likes après 3 ou 4 jours et deux semaines plus tard, 554,000 vues par 10,000 likes au lieu de 700,000 ou 800,000 ( 1,893,789 vues pour 34,133 likes le 14 février) La nouvelle vidéo du 20 février démontre encore plus comment YouTube s’est engagé plus avant dans cette manipulation, comme on le verra plus loin. Mais quel est l’intérêt de Google a modifier artificiellement le nombre de vues et en quoi cela pourrait-il nuire à Dieudonné ? Et pourquoi Google ne modifie-t-il pas le nombre de likes aussi ?

dieudonne-youtube

Une clé de l’énigme réside probablement dans ce que plusieurs internautes ont pu constater lors de la publication de la vidéo "Merci Manu" le 31 janvier. Comme d’habitude, le nombre élevé de vues par heure tout de suite après sa publication a propulsé la vidéo dans la section "vidéos les plus populaires de la semaine " , ajoutant à sa visibilité, l’algorithme de YouTube étant ainsi fait. Mais après deux jours seulement, le nombre de nouvelles vues se mit à décrocher et n’était plus en phase avec le nombre de nouveaux "likes". La vidéo disparut raidement de la section "les plus populaires".
le 7 février je disais:

"Il y a quelques semaines, l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF) demandait à YouTube de modifier ses algorithmes pour que les vidéos de Dieudonné soient moins mises en avant auprès des internautes susceptibles de les regarder." Non seulement les nouvelles vidéos de Dieudonné n’apparaissent plus dans la section des plus populaires, mais il y a de fortes raisons de croire qu’elles ne sont plus suggérées’autant lors d’une recherche périphérique concernant Dieudonné ou un sujet connexe.

Il faut comprendre que si l’algorithme de suggestions YouTube est largement basé sur le nombre de vues ou sur la rapidité de leur progression, il est beaucoup plus facile à un informaticien qui travaille pour la boite de changer un champ dans une base de données que de changer du code source et risquer de déstabiliser l’application YouTube au complet.
Mais pourquoi YouTube ne change pas aussi le nombre de "likes" ?

Le but ici n’est pas tellement d’essayer de faire croire que le support de Dieudonné est moindre que de nuire à sa visibilité. Avec des méga-succès de navets comme "Friday" de Rebecca Black et "double take" le nombre de dislikes ne semble pas influencer sur le positionnement; de surcroît le nombre de likes est mis à jour en temps réel alors que le nombre de vues n’est mis à jour que toutes les heures ou toutes les demi-heures. Faire chuter soudainement le nombre de "likes" ne pourrait pas passer inaperçu.

Ceci étant dit on note que cette fois, le traficotage du compteur de vues s’est effectué dès le départ et non pas deux ou trois jours plus tard. Des captures d’écran ont été faites pendant quelques heures toutes les dix minutes trois heures après la parution de la vidéo du 20 février, Dieudo Vs Bedos. Le tableau suivant en donne un aperçu (l’heure a été ramenée à celle de Paris):

heure nb likes nb vues
14h15

4630

3544

14h25

4834

3641

14h35

5046

3641

14h45

5246

3641

14h55

5444

3641

15h05

5588

3641

15h15

5753

7444

15h25

5910

7444

15h35

6018

14774

15h45

6153

14774

15h55

6300

27810

16h05

6411

27810

16h15

6534

27810

16h25

6647

28491

16h35

6776

28491

16h45

6912

28585

16h55

7055

30467

17h05

7176

30467

17h15

7307

37526

17h25

7434

37526

17h35

7573

46674

17h45

7725

62395

17h55

7885

62395

18h05

8025

62395

18h15

8176

74420

18h25

8345

74562

18h35

8503

74591

18h45

8636

74591

18h55

8791

74920

19h05

8917

79526

19h15

9050

85523

19h25

9177

85523

19h35

9330

92373

19h45

9473

92373

19h55

9607

92373

20h05

9760

98861

20h15

9888

98861

En fait, il est beaucoup plus facile de visualiser le tableau ci-haut avec des graphiques:

im1

Après 400 minutes on passe de 4630 à 10,000 likes, mais au lieu d’avoir 700,000 vues on en a 98,861. Le compteur de vues lui, ne bouge qu’en paliers très inégaux:

im2

La figure suivante est une autre façon de voir ces paliers:

im3

Puisque le nombre de nouvelles vues/heure devient beaucoup moindre après deux jours, il n’est plus nécessaire à Google/YouTube de modifier artificiellement les résultats à ce moment. On aura éventuellement une droite régulière après deux ou trois jours, puis une courbe qui plafonne et ne grimpe plus (asymptote horizontale) mais certainement pas une progression en paliers.

En conclusion il devient illusoire de se fier au compteur YouTube pour évaluer l’impact des vidéos de Dieudonné dans le futur. Vu l’empressement montré par cette compagnie à servir certains intérêts politiques même lorsque rien ne l’y oblige, on peut s’attendre à ce que YouTube France soit plus ou moins placé sous la tutelle de l’état français puisque les demandes de l’UEJF (et de l’état qui les appui) ne s’arrêteront pas là et que le gouvernement français travaille en symbiose avec ceux-ci. La seule raison qui empêche Google de croiser le fer directement avec Dieudonné en fermant son compte, c’est l’impact commercial négatif non seulement auprès de ceux qui visionnent toutes ses vidéos mais aussi de ceux qui ne l’écoutent que rarement mais réprouvent la censure.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 11:37

Vu sur : http://la-dissidence.org/2014/02/18/connaissez-vous-le-tittytainment/

 

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.


En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.


Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.


Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2) que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique.


Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :


Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).


C’est là que réside la différence entre le totalitarisme communiste et celui de nos “ démocraties-marchés (4) ” : l’ultralibéralisme a compris qu’il pouvait contenir par la douceur ses populations dans une aliénation passive que Staline cherchait à imposer par la force. Sylvio Berlusconi n’a menacé personne pour arriver au pouvoir, il a acheté des chaînes de télévision. Dans le roman de George Orwell, la population ne peut pas éteindre la télévision dans les appartements individuels. Dans l’Italie capitaliste, elle le peut, mais elle ne le fait pas. Et l’auteur du Meilleur des mondes l’avait déjà compris :

Aldous Huxley n’a-t-il pas écrit que le mot d’ordre devenu classique de Patrick Henry – la liberté ou la mort – paraîtrait aujourd’hui mélodramatique ? Nous l’avons remplacé, soutient-il, par des exigences d’un tout autre ordre : “ Donnez-nous des télévisions et des hamburgers, mais débarrassez-nous des responsabilités de la liberté (5). ”


Ce nouveau mot d’ordre sonne le glas de nos démocraties. Un exemple ? La disparition du commerce de proximité au profit de la grande distribution. Les grandes surfaces se sont imposées par la douceur et la séduction à nos habitudes de consommation. Des prix bas, une gamme étendue de produits et de services : le consommateur ne résiste pas. Pourquoi résisterait-il ? Il ne veut pas comprendre que, quand la grande distribution aura totalement éliminé le commerce de proximité et quand les fusions entre groupes auront abouti à un partage stable du territoire, les distributeurs n’auront plus aucune raison de se gêner pour augmenter subrepticement leurs marges commerciales… mais ils n’auront pas davantage de raisons de revenir contrepartie de cette augmentation au choix et à la qualité autrefois assurés par le commerce de proximité ! Ils auront imposé une implacable dégradation du service rendu aux consommateurs en éliminant la production artisanale et en exigeant de leur fournisseurs rapidité d’approvisionnement et quantités industrielles au détriment de toute qualité. Lorsqu’on est parvenu à s’assurer le monopole d’un marché et que tout boycottage est devenu impossible, on peut tout à coup démasquer ses longues dents et tirer une grosse marge bénéficiaire de mauvais produits.


Le choix de la grande distribution aura été effectué “ démocratiquement ”, comme celui de la télévision de Berlusconi. Les réactions des consommateurs ne sont pas difficiles à prévoir, elles font l’objet de tant d’investigations, d’études et de sondages que les pièges tendus par les experts du marketing font mouche à tous les coups. C’est pour cela que la démocratie est si facile à acheter.


L’ultralibéralisme a parfaitement compris que les méthodes staliniennes tant redoutées par Huxley et Orwell étaient aussi maladroites qu’inutiles : pourquoi contraindre brutalement les citoyens à une béate passivité alors qu’une connaissance plus approfondie de leurs comportements démontre qu’ils ne demandent que cela ? La population n’a nul besoin que l’aliénation soit obligatoire pour s’y adonner. Personne n’oblige encore les Italiens à regarder les chaînes de télévision de Berlusconi. Ce n’est que dans un second temps, quand tous les autres médias auront été éliminés, que celui-là deviendra obligatoire. Parce que la population préfère le divertissement à l’analyse, les grands groupes de presse et de télévision qui proposent un divertissement facile plutôt que des analyses sérieuses éliminent le journalisme d’investigation honnête et s’assurent progressivement un monopole de fait. Une fois ce monopole installé par le “ choix démocratique du marché ”, les informations indispensables à la vie quotidienne ne passeront plus que par ce vecteur unique et le rendront obligatoire. Après que nous lui aurons nous-mêmes souhaité la bienvenue, la dictature sera entrée par nos portes grandes ouvertes et se sera installée à notre table .

Notes : 
(1) En traduction française : La Persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958.
(2) André Bellon, Anne-Cécile Robert, Un totalitarisme tranquille, Syllepse, 2001.
(3) Hans-Peter Martin et Harald Schumann, Le Piège de la mondialisation, Solin – Actes Sud, 1997, page 13.
(4) Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs, Folio, 1999.
(5) Vance Packard, Une société sans défense, Calmann-Lévy, 1965, page 22.

 

Philippe Laporte,

Source : Casseurs de pub

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 12:47

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 12:33

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 11:09

Un peu long mais ça vaut le coup de se renseigner.

Pour faire court, ce traité permettra d'appliquer en Europe les normes US. Soit les OGM, le gaz de schistes, la privation des soins, de l'éducation....

La victoire des multinationales

 

 

Le mandat de négociation

 

Il s’agit du document daté du 17 juin 2013 du Conseil de l'UE qui a été adopté le 14 juin par la section Commerce du Conseil des Affaires étrangères où siégeait pour la France Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur. La version officielle du document n’existe qu’en anglais et sa diffusion est interdite.

Le texte de la traduction officieuse qui suit est en italiques grasses. Les commentaires sont présentés sous encadrés.

 

Raoul M. Jennar

 

Directives pour la négociation du

Partenariat transatlantique sur le Commerce et l'Investissement 

entre l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique 

Nature et portée de l’Accord 

1. L’Accord comprendra exclusivement des dispositions applicables entre les Parties au commerce et aux domaines en rapport avec le commerce. L’accord devrait confirmer que le partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement est basé sur des valeurs communes, en ce compris la protection et la promotion des droits de l’Homme et de la sécurité internationale.

« Les domaines en rapport avec le commerce » : une formulation qui permet d’aborder pratiquement toutes les activités humaines ; des « valeurs communes » ? Lesquelles ? Aux USA, l’Etat n’est pas le gardien du bien commun ; les services publics et la sécurité sociale sont délaissés au profit du secteur privé ; la religion est omniprésente ; le système juridique est différent de celui de 26 des 28 Etats de l’UE qui pratiquent comme tous les pays de Brest à Tokyo un droit continental chargé de valeurs humanistes (l’individu est aussi un être collectif) absentes de la Common law anglo-saxonne ; la peine de mort et la vente libre des armes sont des pratiques légales ; le pays n’est pas lié par les conventions sociales de l’OIT, par la convention sur la diversité culturelle de l’UNESCO, par les conventions internationales sur les droits de l’Enfant, sur le respect de la biodiversité, sur le changement climatique, sur la Cour Pénale Internationale. Comment ose-t-on évoquer les droits de l'Homme quand il s'agit d'établir un "partenariat" avec un pays qui a soutenu les pires dictatures en Amérique latine, qui a soutenu  les dictatures en Espagne, en Grèce et au Portugal, qui pratique la torture et la détention arbitraire (Guantanamo), qui a initié l'invasion et l'occupation d'un Etat souverain, qui soutient sans réserve l'occupation des territoires palestiniens et les pratiques dans ces territoires des forces d'occupation ?   La référence à la « sécurité internationale » confirme le propos de Mme Clinton : le grand marché transatlantique est « un OTAN économique ». Comme l’OTAN, il sera placé sous la tutelle américaine.

2. L’Accord sera ambitieux, global, équilibré et pleinement compatible avec les règles et obligations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’ambition  est clairement affichée : parvenir à une réalisation complète des objectifs des accords de l’OMC dont la finalité  - dérégulation totale au profit du secteur privé – n’a pas encore été atteinte.

3. L’Accord prévoira la libéralisation réciproque du commerce des biens et services ainsi que des règles sur les questions en rapport avec le commerce, avec un haut niveau d’ambition d’aller au-delà des engagements actuels de l’OMC.

Il s’agit ici du rappel de deux des trois grands domaines couverts par les accords de l’OMC (accès au marché ; commerce des services) avec la volonté annoncée d’aller au-delà de ce que ces accords prévoient.

4. Les obligations de l’Accord engageront tous les niveaux de gouvernement.

L’Accord s’appliquera non seulement aux Etats de l’UE, mais également à toutes les composantes de ces Etats : en France, les Régions, les Départements, les Communes ; en Belgique, les Communautés, les Régions, les Provinces, les Communes ; en Allemagne, les Lander et les Communes ; en Espagne, l’Etat, les Communautés autonomes, les Provinces, les Communes, …

5. L’accord devra être composé de trois éléments essentiels : (a) l’accès au marché, (b) les questions de réglementation et les barrières non tarifaires (BNT), et (c) les règles. Les trois composantes seront négociées en parallèle et feront partie d’un engagement unique assurant un résultat équilibré entre l’élimination des droits et l’élimination des obstacles réglementaires inutiles au commerce et une amélioration des règles, pour parvenir à un résultat substantiel dans chacune de ces composantes et l’ouverture effective des marchés des uns et des autres.

Il s’agit d’une synthèse des matières soumises à la négociation et de la méthodologie de la négociation : le parallélisme des matières pour aboutir sur l’ensemble à un engagement unique contraignant ; on notera qu’il s’agit d’éliminer des droits et des obstacles « inutiles » au commerce. On est bien dans la phraséologie de l’OMC où sont considérés comme « obstacles inutiles » des législations et réglementations sociales, salariales, sanitaires, phytosanitaires, environnementales et écologiques.

Préambule et principes généraux 

6. Le préambule rappellera que le partenariat avec les États-Unis est fondé sur des principes et des valeurs cohérentes avec les principes et les objectifs communs de l’action extérieure de l’Union. Il fera référence, notamment, à:

- Des valeurs communes dans des domaines tels que les droits de l’Homme, les libertés fondamentales, la démocratie et l’Etat de droit;

- L’engagement des Parties envers le développement durable et la contribution du commerce international au développement durable dans ses dimensions économiques, sociales et environnementales, en ce compris le développement économique, le plein emploi productif et un travail décent pour tous, ainsi que la protection et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles;

- L’engagement des Parties à un accord pleinement respectueux de leurs droits et obligations découlant de l’OMC et favorable au système commercial multilatéral;

- Le droit des Parties de prendre les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs légitimes de politique publique sur la base du niveau de protection de la santé, de la sécurité, du travail, des consommateurs, de l’environnement et de la promotion de la diversité culturelle telle que prévue dans la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qu’elles jugent appropriées;

- L’objectif commun des Parties de prendre en compte les défis particuliers auxquels font face les petites et moyennes entreprises en contribuant au développement du commerce et de l’investissement;

- L’engagement des Parties de communiquer avec toutes les parties intéressées, y compris le secteur privé et les organisations de la société civile.

 

On reconnaît ici la phraséologie caractéristique des textes européens où ce qui est affirmé est presque toujours le contraire de ce qui est appliqué. Car la pratique quotidienne de l’UE, qui découle des décisions prises collégialement par les gouvernements comme des initiatives de la Commission européenne, dément totalement les intentions décrites ici. Qu’il s’agisse des droits de l’Homme (articles 22 à 27 de la Déclaration universelles de 1948 : droit à la sécurité sociale, au travail, à un niveau de vie suffisant, au repos et aux loisirs, à la santé, à l'éducation, à la culture,...), du « développement durable dans ses dimensions économiques, sociales et environnementales » du respect de la diversité culturelle ou de la volonté de communiquer avec la société civile, rien dans la pratique présente des institutions européennes ne permet d’accorder crédit à ces engagements. Faut-il rappeler les directives européennes qui organisent le démantèlement du droit du travail, les recommandations de la Commission européenne relatives aux budgets des Etats membres qui forcent à la privatisation des services publics, à la « réforme » des retraites,  le soutien de cette même Commission aux OGM, aux pesticides et son hostilité au respect de la diversité culturelle considéré comme « réactionnaire » par Barroso ? De surcroît, ces bonnes intentions sont contredites par la volonté de respecter les engagements pris dans le cadre de l’OMC et le parti pris idéologique en faveur d’un libre-échange totalement dérégulé. [1]

Objectifs 

7. L’objectif de l’Accord est d’accroître le commerce et l’investissement entre l’UE et les USA en réalisant le potentiel inexploité d’un véritable marché transatlantique, générant de nouvelles opportunités économiques pour la création d’emplois et la croissance grâce à un accès accru aux marchés, une plus grande compatibilité de la réglementation et la définition de normes mondiales.

Il s’agit d’aller au-delà de tout ce qui a déjà été concédé dans les accords entre l’UE et les USA pour créer un marché unique totalement libéralisé avec toujours la même promesse jamais confirmée de création d’emplois et de croissance. En effet, quand donc la libéralisation de la distribution du gaz, de l’électricité, de l’eau, du  transport ferroviaire s’est-elle traduite par de la création d’emplois, par un moindre coût pour le consommateur et par une amélioration de la qualité du service fourni ? Et quelles sont les promesses avancées cette fois ? Une augmentation du PIB de 0,5 % et la création de 400.000 à 500.000 emplois (il y a 26,5 millions de chômeurs dans l’UE au 30 juin 2013), à l’horizon 2027.[2] Dans 13 ans ! De qui se moque-t-on ?

Quant à l’ambition de définir des « normes mondiales », elle doit nous rappeler que les USA mènent parallèlement des négociations avec onze pays riverains du Pacifique dont l’objectif est d’obtenir un alignement des normes de ces pays sur les normes américaines. On voit mal les USA accepter le contraire dans la négociation avec les Européens. Les « normes mondiales » recherchées seront les plus basses et les moins protectrices (sauf pour les investisseurs et leurs actionnaires).

 

8. L’Accord devrait reconnaître que le développement durable est un objectif fondamental des Parties et qu’il visera à assurer et faciliter le respect des accords et des normes environnementales et sociales internationales tout en favorisant des niveaux élevés de protection de l’environnement, du travail et des consommateurs, compatible avec l’acquis européen et la législation des Etats membres. L’Accord devrait reconnaître que les Parties n’encourageront pas le commerce ou l’investissement direct étranger par l’abaissement de la législation et des normes en matière d’environnement, de travail ou de santé et de sécurité au travail, ou par l’assouplissement des normes fondamentales du travail ou des politiques et des législations visant à protéger et promouvoir la diversité culturelle.

Cet article est de la poudre aux yeux pour rassurer ceux qui ont envie de l’être. Comment accorder le moindre crédit à cette rhétorique alors que toutes les politiques décidées au niveau européen depuis une trentaine d’années vont dans le sens opposé ? Comment passer sous silence que la jurisprudence de la Cour de Justice de l’UE donne la priorité au droit de la concurrence sur les législations salariales et sociales des Etats membres  (Arrêt Viking, Arrêt Laval, Arrêt Rüffert, Arrêt Commission contre Luxembourg) ? Comment taire le fait que la Commission européenne, au nom de la concurrence libre et non faussée, dépose plainte à l’OMC contre un Etat ou la province d’un Etat au motif que des tarifs préférentiels sont consentis aux producteurs qui favorisent le contenu local de la construction d’éoliennes et de panneaux solaires (affaire UE/USA/Japon contre la province canadienne de l’Ontario)? Comment prendre au sérieux le fait d’invoquer des conventions internationales auxquelles le futur « partenaire » refuse d’adhérer : conventions sociales de l’OIT, protocole de Kyoto, convention sur le respect de la diversité culturelle de l’UNESCO ?

On notera que chaque fois qu’il s’agit d’évoquer des garanties, le verbe utilisé est conjugué au conditionnel (« devrait ») et non plus au futur simple (« devra »). On est bien en présence d’un vœu. Rien qu’un vœu.

9. L’Accord ne devra pas contenir des dispositions qui risqueraient de porter préjudice à la diversité culturelle et  linguistique de l’Union ou de ses États membres, en particulier dans le secteur audio-visuel, ni limiter le maintien par l’Union et par ses États membres des politiques et mesures existantes qui visent à soutenir le secteur de l’audiovisuel compte tenu de son statut spécial dans l’UE et ses Etats membres. L’Accord ne pourra pas affecter la capacité de l’Union et de ses Etats membres à mettre en œuvre des politiques et des mesures tenant compte des développements dans ce secteur et en particulier dans l’environnement numérique.

Cette bonne intention va se heurter à la volonté du gouvernement des USA qui refuse toute mise à l’écart de la négociation d’un secteur quel qu’il soit. Voir aussi les commentaires aux articles 21 et 44. Ce dernier fragilise cette disposition du mandat.

ACCÈS AUX MARCHÉS

Commerce des marchandises

10. Obligations et autres exigences sur les importations et les exportations

Le but sera d’éliminer toutes les obligations sur le commerce bilatéral, avec l’objectif commun de parvenir à une suppression substantielle des droits de douane dès l’entrée en vigueur et une suppression graduelle de tous les tarifs douaniers les plus sensibles dans un court laps de temps. Durant les négociations, les deux Parties examineront les options pour le traitement des produits les plus sensibles, en ce compris les contingents tarifaires. Tous les droits de douane, taxes, redevances ou taxes et restrictions quantitatives à l’exportation vers l’autre partie, qui ne sont pas justifiées par des exceptions découlant de l’Accord seront supprimées dès l’application de l’Accord. Les négociations traiteront des questions concernant les derniers obstacles au commerce des biens à double usage qui affectent l’intégrité du marché unique.

 

L’objectif est clairement annoncé : la suppression de tous les droits de douane. On a pu lire dans des journaux très favorables à cette négociation (Le Monde, Le Figaro, Libération, Les Echos) que cette disposition est peu importante puisque « les droits de douane sont déjà très faibles ». Ce qui est vrai, à deux exceptions majeures près : le textile et l’agriculture. Dans le secteur agricole, les droits de douane pratiqués en Europe demeurent importants. S’ils sont moins élevés aux USA, cet écart ne justifie pas les subventions massives du gouvernement américain à l’agriculture et à l’agro-industrie. Supprimer ces droits en Europe provoquera une catastrophe agricole majeure : perte de revenus pour les agriculteurs, chute des exportations agricoles françaises, arrivée massive de soja et de blé américains avec OGM, industrialisation accrue de l’agriculture européenne. Selon l’agroéconomiste Jacques Berthelot, l’application de cette disposition du mandat «accélérerait le processus de concentration des exploitations pour maintenir une compétitivité minimale, réduirait drastiquement le nombre d’actifs agricoles augmenterait fortement le chômage, la désertification des campagnes profondes, la dégradation de l’environnement et de la biodiversité et mettrait fin à l’objectif d’instaurer des circuits courts entre producteurs et consommateurs. »

 

La suite ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/raoul-marc-jennar/011113/le-mandat-ue-de-negociation-du-grand-marche-transatlantique-ue-usa-traduit-et-commente      link



 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 13:35

Vu sur :http://mouvida.com/censure-au-pays-de-la-liberte-dexpression-87-des-demandes-de-censure-des-messages-de-twitter-dans-le-monde-proviennent-des-elites-de-la-zone-france/

Censure au pays de la Liberté d’expression : 87% des demandes de censure des messages de Twitter dans le monde proviennent des élites de la Zone France !


Les gugusses de l’UMPS et Cie qui « nous » représentent aiment à se dépeindre comme les représentants du Pays des Droits de l’Homme, de la Liberté d’expression et de la Démocratie, et vont même jusqu’à déclencher des guerres un peu partout dans le monde pour appuyer leurs propos peu crédibles par des canons…

Une étude axée sur la censure des messages publiés sur le réseau Twitter dans le monde entier démontre que près de 9 demandes de censure sur 10 proviennent justement de la zone France !

censure-twitter-france

Bref, le Pays de la Liberté et des Droits de l’Homme est avant tout et surtout le Pays de la censure et du Devoir de la fermer.

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 12:09

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 12:01

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 10:38

Vu sur : http://actualutte.com/mysterieux-deces-autour-de-la-voiture-air-de-tata-motors/

Alors que la voiture à air comprimé est attendue début 2014, son directeur général Karl Slym, un Britannique de 51 ans a trouvé la mort dans d’étranges circonstances à Bangkok. Pour certains, les lobbys pétroliers n’y seraient pas étrangers.

Fabriquée en Inde, c’est pourtant une petite société française située près de Nice qui a mis au point les moteurs « CATs » qui se caractérisent par un fonctionnement à l’aide d’une simple bonbonne d’air comprimé. Ingénieux, le concept permet de rouler presque gratuitement sans émettre la moindre particule polluante, une bonne nouvelle à l’heure où les gouvernements veulent accroitre les efforts pour réduire les émissions de CO2.

Le plus grand constructeur automobile indien Tata Motors a été séduit, c’est lui qui s’apprête à sortir les premières voitures à air baptisées « mini CATs ». Avec un coût estimé à 7000€, le véhicule aura une autonomie de 200 à 300 km pour une vitesse de pointe de 100 km/heure. Une recharge complète ne devrait revenir qu’à 3,6€ soit bien en deçà du coût pour parcourir la même distance avec un véhicule à essence.

Mystérieux décès du directeur général

Dimanche dernier, le directeur général de Tata Motors Karl Slym a été retrouvé mort après avoir chuté du 22 ème étage de son hôtel. L’homme se trouvait à Bangkok pour assister à un conseil d’administration de Tata Motors Thailand Ltd. « Initialement, nous ne pouvons que présumer qu’il s’est suicidé. La fenêtre était petite et il a fallu qu’il fasse un effort pour passer à travers. » a déclaré le lieutenant-colonel de la police Somyot Boonnakaew. Il ajoute avoir retrouvé ce qui ressemblerait à une lettre de suicide, toutefois des analyses doivent encore avoir lieu pour confirmer ou non que le DG en est bien l’auteur.

Y a t’il une coïncidence avec le lancement imminent de la mini CAT ? Pour l’instant le mystère reste entier et il n’est pas certain que l’on connaisse un jour la vérité sur cette mort aux étranges circonstances.

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