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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 09:36
Le Président de l’Equateur, Rafael Correa, a aujourd’hui annoncé que son gouvernement n’honorera pas le remboursement de 3,8 milliards de dollars d’obligations d’Etat, détenues par des institutions financières étrangères. Il s’agit de 39% de la dette extérieure totale du pays. Cette dernière est aussi composée de 1,5 milliards de dettes bilatérales envers certains pays et 4,3 milliards de dollars dus à des agences multilatérales, qui ne sont pas concernés aujourd’hui.

 

« Je viens d’ordonner de ne pas payer les intérêts de la dette. Le pays est donc en état de défaut de paiement vis-à-vis de la dette extérieure, » déclara Correa. « Nous assumons entièrement la responsabilité de cet acte. »

Correa avait déjà prévenu le 20 novembre qu’il comptait ne pas payer cette partie de la dette, considérée comme « illégitime, malhonnête et illégale, » comme l’affirmaient les conclusions publiées ce jour là par la Commission pour l’audit complet du crédit public (CAIC), Commission que le gouvernement avait constituée en juillet 2007.

Composée d’experts juridiques et d’économistes internationaux de renom, la CAIC avait estimé que la dette commerciale extérieure avait servi de mécanisme illégitime et illégal de pillage entre 1976 et 2006, la dette passant de 16 millions de dollars en 1976 à 4,2 milliards en 2006, malgré un remboursement net, sur un période de trente ans, de 7,1 milliards de dollars sur le principal et les intérêts cumulés.

La revue fondée par Lyndon LaRouche, l’EIR (Executive Intelligence Review), a souvent dénoncé ce schéma de pillage comme l’« arithmétique des banquiers ». Dans ce cas-ci : 16 millions moins 7 milliards = 4 milliards !

L’étude bien documentée de la CAIC démontre également que la hausse des taux d’intérêts américains, portés à 21% par Paul Volcker en 1981, a conduit l’Equateur à faire défaut sur sa dette. Initialement contractée à 6%, le pays a dû réemprunter, ne serait-ce que pour rembourser les intérêts de sa dette, à des taux toujours plus élevés. Résultat des courses : une montagne de nouvelle dette impayable.

L’étude de la CAIC montre que si les taux d’intérêts étaient restés à 6%, l’Equateur aurait complètement remboursé sa dette dès 1995, au lieu de payer 5,4 milliards supplémentaires depuis cette date. Aujourd’hui encore, l’Equateur est censé rembourser 4,2 milliards de dollars.

Le moratoire sur la dette de l’Equateur est la seconde mesure de ce type depuis celui de l’Argentine en décembre 2001, lorsque le Président Nestor Kirchner refusa fermement de céder aux « fonds vautours ». Dans le cas de l’Equateur, les prédateurs financiers internationaux ont déjà commencé à lancer des menaces, comme on le constate dans une dépêche de Reuters qui discute des « scénarios possibles auxquels l’Equateur pourrait être confronté, » dont la saisie d’actifs équatoriens ou carrément le gel des comptes bancaires à l’étranger. Les compagnies pétrolières et autres investisseurs étrangers pourraient interrompre leurs investissements, et conduire « audéclenchement d’une instabilité politique dans un pays où les trois derniers Présidents ont été renversés par la rue et par les intrigues du Congrès ».

Dans une interview exclusive à l’EIR le 22 novembre, le ministre de la Coordination des politiques économiques, Pedro Paez, expliqua la pensée de son gouvernement : « Il est nécessaire que les institutions financières multilatérales des Nations unies, le Club de Paris, et les gouvernements des pays du nord eux-mêmes, exigent des audits des dettes extérieures de tous les pays… S’ils n’ont rien fait de mal, que craignent-ils ? Tout le monde devrait faire la même chose. Il est possible de découvrir le même genre de choses dans d’autres cas. Parce que ce sont les mêmes genres d’acteurs, dans les mêmes circonstances, avec les mêmes instruments financiers. »

Pour creuser le sujet : focus

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