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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 11:21

Vu sur : http://www.courrier-picard.fr/region/le-calvaire-de-christophe-a-dure-plusieurs-semaines-en-ia0b0n376185

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Le calvaire de Christophe a duré plusieurs semaines en plusieurs endroits

Publié le 23/05/2014

GAUTIER LECARDONNEL


Il avait disparu dans l’est de la Somme en 2012. Il a été séquestré et torturé durant plusieurs semaines. Son corps a été découpé et brûlé. Cinq suspects sont en prison.

 Christophe était un jeune homme sans histoire, unanimement apprécié dans son entourage.

Au début, c’était une simple disparition. La pelote de laine a peu à peu été déroulée, et c’est l’horreur qui se trouvait au bout. Après sept mois d’enquête, les gendarmes de la section de recherches d’Amiens et de la brigade de recherches de Péronne viennent de résoudre une affaire criminelle hors norme, par son atrocité, dans la Somme.

Cinq personnes, âgées de 25 à 30 ans (deux frères et une soeur, la compagne d’un des frères et le petit ami de la soeur,) sont passés aux aveux lors de leur garde à vue après leur interpellation mardi matin à Saint-Quentin, Saint-Gobain ainsi que dans la Somme  : Christophe Rambour, 27 ans, est mort début 2012. Le jeune homme, qui habitait à Eppeville (Somme) chez son père, a été séquestré et torturé durant plusieurs semaines par ses bourreaux. Il est finalement mort.  Comment  ? Cela n’a pas pu être, pour l’heure, clairement établi. Car toute cette affaire ne repose que sur les déclarations des suspects. «  La victime a pu succomber aux actes de torture qui lui étaient infligés ou l’un des suspects a pu le tuer  », explique Éric Boussuge, procureur-adjoint de la République d’Amiens.

Narin Bun, 31 ans, fait figure de meneur

Aucune date précise n’a été établie. Mais il y a une certitude  : le calvaire de Christophe s’est étalé sur plusieurs semaines. Il a été séquestré et violenté en plusieurs endroits. Selon nos informations, cela aurait commencé dans une habitation de Villers-Faucon, près de Roisel dans la Somme, avant de se poursuivre notamment dans la région d’Amiens. Ni drogue ni règlement de compte seraient à l’origine de l’affaire. Une chose semble établi  : les suspects auraient essayé de tirer un maximum de profit de leur victime. L’ont-ils ainsi obligé, durant ce laps de temps, à revendre sa Renault Clio pour se faire de l’argent  ? L’enquête le déterminera.

L’un des membres de la fratrie native de Ham, Narin Bun, 31 ans, ferait figure de suspect principal, le meneur et le plus actif dans cette sordide affaire. Selon une source proche de l’enquête, «  il présente un profil psychologique très inquiétant  », celui d’un homme très dangereux.

Pour identifier les meurtriers présumés, les enquêteurs ont effectué une enquête «  à l’ancienne  », basée sur du renseignement, des recoupements, etc. La disparition remontant à plus de deux ans, aucun recours aux techniques scientifiques n’a été utile jusqu’alors. D’autant que le corps de la victime n’a pas été retrouvé. Lors des interrogatoires, les suspects ont avoué qu’ils s’en étaient débarrassés en le découpant et en le brûlant. On parle d’un chaudron, installé quelque part dans la campagne de la Somme. Le lieu n’aurait pas encore été identifié.

Quatre des cinq suspects ont été mis en examen mercredi et jeudi homicide volontaire précédé d’actes de torture et de barbarie et séquestration de plus de 7 jours. Le 5e suspect est mis en examen pour séquestration, dissimulation de preuves et non-dénonciation de crime. Tous ont été écroués. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

GAUTIER LECARDONNEL

Troisième crime en quelques mois sur le même secteur

L’est de la Somme vit là son troisième meurtre en quelques mois. En juillet 2012, Arnaud Gontier, 25 ans, a été abattu alors qu’il se trouvait à la fenêtre de sa chambre, à Languevoisin-Quiquéry, commune de la Somme située entre Nesle et Ham. L’enquête a permis l’interpellation de trois suspects, actuellement mis en examen. L’enquête a mis en évidence le fait que les meurtriers présumés s’étaient trompés de victime.

En novembre 2013, Thomas Corbelli, 19 ans, a été frappé à mort dans un logement d’Eppeville. Son corps a été abandonné dans un terrain vague, sa tête recouverte d’un sac, ses pieds et ses mains ligotés. Deux meurtriers présumés et un complice sont mis en examen dans cette affaire.

L’horreur au bout de leur attente

Christophe avait téléphoné à son père pour la bonne année le 2 janvier 20102. «  Il devait passer peu après», a expliqué Denis Rambour. Cet habitant d’Eppeville parle d’un coup de téléphone normal, son fils présentant «  une voix calme»  : «  Rien ne laissait présager quelque chose de grave  ». Christophe disait qu’il allait dormir chez une amie. Et puis, plus rien. Plus aucun signe de vie. Le téléphone du jeune homme est sur répondeur. Les parents alertent les gendarmes.  «  Ils me répondaient que mon fils était majeur, qu’il était grand, et qu’il faisait ce qu’il voulait  », nous a expliqué mardi sa mère, Jocelyne Lurin.

Les mois passent et rien ne se passe. En septembre 2013, après un an et demi d’attente, les parents font appel à la presse. Le Courrier picard publie un article dans lequel le couple, séparé, fait part de ses inquiétudes. Cela va relancer l’enquête. Les autorités s’y intéressent. Et des éléments inquiétants, apparaissent. Le procureur de la République ouvre une information judiciaire pour homicide volontaire. Un groupe d’enquêteurs est alors formé, la machine est en route jusqu’à la tragique vérité qui vient d’éclater.

Les parents de Christophe, qui vivaient très mal l’attente, espéraient que leur fils soit toujours vivant. Même s’il leur était difficile de ne pas envisager une issue fatale. Christophe, maître-chien sans emploi depuis peu de temps, était unanimement apprécié dans son entourage. Gentil, serviable, un jeune homme sans histoire qui n’avait jamais eu de problème avec la justice. Il n’était qu’une simple connaissance de ses meurtriers présumés. Sa mère avait raison  : «  J’avais dit aux gendarmes de s’intéresser à cette famille ».

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Published by ainsi - dans actualités
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