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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:58

Titanesque recensement biométrique en Inde

Recensement basé sur les impreintes digitales et l'iris. Pas juste un recensement basique, une identification. Sans identification aucune transaction financière ne sera possible, ni recevoir les aides sociales....Sans identification = plus d'existence

Un prémice à l'identification électronique ?

L’Inde lance le plus grand projet de recensement biométrique jamais tenté, dans l’objectif d’attribuer un numéro d’identification unique à chacun de ses 1,2 milliards d’habitants. Le nouveau registre national indien sera constitué sur la base de données biométriques, telles que le relevé des empreintes digitales et la photographie de l’iris, en plus du traditionnel questionnaire. Réalisé par les fonctionnaires de l’Autorité Unique d’Identification de l’Inde, le recensement a débuté en septembre 2010. L’objectif revendiqué par le gouvernement pour ce projet est de lutter contre la corruption et le détournement des fonds sociaux, dont 85% n’atteindraient jamais leurs destinataires. Le numéro d’identification devrait permettre en outre à des centaines de millions d’indiens pauvres d’accéder à des services comme les banques, qui leur étaient refusés faute de justificatifs.

Le projet inquiète néanmoins la société indienne, car la collecte d’autant de données personnelles implique des risques de piratage, si la sécurité de leur stockage n’est pas assurée.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/30/la-marque-de-satan-sur-le-recensement-indien

La marque de Satan sur le recensement indien

“Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.” (Apocalypse XIII, 16-17.)

Kaptawni me regarde avec méfiance. “Pourquoi est-ce qu’il veut connaître tous ces détails sur moi et ma famille ?” demande-t-elle à l’interprète. Zodin essaie de la convaincre que je suis bien journaliste, mais Kaptawni n’est pas rassurée. Je sais parfaitement ce qu’elle se demande : suis-je un suppôt de Satan ?

Kaptawni fait partie des quelque 7 000 habitants du Mizoram ayant refusé de se faire recenser. Tous sont des chrétiens ultraorthodoxes qui voient dans le projet de carte d’identité unique (UID, un volet du recensement) un plan de Satan visant à apposer la “marque de la Bête” sur les humains, comme le prédit l’Apocalypse. “La carte UID n’est que la première étape. Le gouvernement ne va pas tarder à déclarer que, puisqu’elle peut être perdue ou falsifiée, on doit implanter des puces dans nos bras ou notre front. C’est la ‘marque de la Bête’ dont parle la Bible.”

Le
recensement a débuté le 15 mai dans cet Etat profondément religieux du nord-est de l’Inde qui abrite une écrasante majorité de chrétiens. Le bruit s’est vite répandu que le projet UID annonçait le “règne de la Bête”
, où chacun allait recevoir “une marque sur sa main droite ou son front” et ne pourrait “acheter ou vendre des biens” sans elle. Si l’UID devient en quelque sorte être la marque de chaque Indien, à l’instar du numéro de sécurité sociale américain, pour les chrétiens ultraorthodoxes du Mizoram, elle correspond au passage suivant de l’Apocalypse : […] avant que la fin approche, la Bête – ou Satan – donnera à l’humanité ses nombre et symbole et elle recensera tous les êtres humains.”

Pachhinga, 73 ans, est disposé à parler. “La carte UID va nous marquer pour que la Bête nous reconnaisse. La Bible dit que quiconque porte la marque brûlera en Enfer.” Il est membre de l’Eglise presbytérienne, où personne, pas même sa femme et ses trois enfants adultes, ne voit sa décision d’un bon œil. “Ils ne comprennent pas. Mais c’est sûr, je vais refuser cette carte. Ça m’empêchera peut-être d’effectuer des transactions bancaires, de toucher ma retraite, de recevoir un traitement médical ou même de réserver un billet de train. Mais je suis prêt à assumer les conséquences de ma décision. J’ai tout mis au nom de ma femme pour que ma famille ne souffre pas. Moi, je suis prêt à souffrir. Je sais que le Seigneur me sauvera.” Pachhinga se prévaut de tout un répertoire de versets bibliques, comme les versets 9 à 11 du chapitre XIV de l’Apocalypse, qui mettent en garde contre la marque de la Bête.

Nous nous rendons à Kolasib pour rencontrer Hmingropuia, qui dirige un groupe opposé au projet UID. Il ne rejette toutefois pas le projet en bloc. “La seule chose qui me dérange, c’est qu’on attribue un numéro aux personnes recensées. C’est le nombre de la Bête.” Hmingropuia est conducteur de rickshaw. Il a un permis de conduire, sur lequel est inscrit un numéro, mais ça ne lui pose pas de problème. “La carte UID aura plusieurs fonctions. On en aura besoin pour acheter et vendre de l’immobilier, exactement ce que dit la Bible. Le projet UID s’inscrit donc dans un plan plus vaste visant à recenser les personnes et les foyers, le Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) des Nations unies. Et c’est précisément ce que dit l’Apocalypse au sujet du nombre ou du symbole donné à l’humanité et au recensement de tous les êtres humains par le Prince des Ténèbres.” La plupart des chrétiens du Mizoram trouvent cette idée ridicule. Aussi bien les paroissiens les plus âgés que les pasteurs ont essayé de faire entendre raison aux habitants réfractaires et le gouvernement a organisé des séminaires afin de dissiper les malentendus, en vain.

 

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